Honda Accord 2008, esprit, où es-tu?
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2008-01-31 22:54:32
J’ai appris un certain nombre de choses en pratiquant le métier de chroniqueur automobile. De Jacques Duval, qu’il fallait une belle plume. De Denis Duquet, qu’il ne fallait jamais oublier pour qui le constructeur avait conçu le véhicule. Et de Raynald Côté, qu’il ne fallait jamais porter un juger hâtif sur un véhicule.C’est pourtant ce que j’ai fait au moment de prendre le volant de la huitième génération d’Accord. Aurais-je été influencé : ” C’est bien, mais c’est tellement gros ! ” ou ” Elle n’a plus le charme d’autrefois ! ” ou encore ” Non, vraiment, Honda a raté la cible ! “, m’avait-on dit. Après avoir parcouru un peu moins de 20 kilomètres, soit la distance entre le concessionnaire et la maison, c’en était fait. ” C’est une grosse Buick ! “, ai-je lancé à mon tour. Avais-je vraiment raison ? Pas tout à fait.
Au total, j’ai parcouru un millier de kilomètres, répartis sur trois semaines. Assez de temps, donc, pour modifier ma perception à l’endroit de la berline japonaise ou encore la préciser.
L’habit fait le moine
La voiture a pris du muscle sur le chapitre des dimensions. De l’embonpoint, peut-être. Car surdimensionnée, elle l’est. Non seulement par rapport à la précédente génération, mais également par rapport aux principales rivales.
L’Accord berline est 7,6 cm plus longue, 2,6 cm plus large et 1,8 cm plus haut que la 2007, alors que l’empattement bénéficie d’un gain de 6 cm. La Nippone l’emporte également haut la main sur la Toyota Camry et la Nissan Altima. Et, je dois l’ajouter, la nouvelle Chevrolet Malibu qui, en ce moment, présente un fort potentiel pour attirer les consommateurs. L’empattement de cette Américaine est d’ailleurs 5,2 cm plus long, ce qui signifie une habitabilité tout aussi bonne. En fait, la nouvelle Accord est pratiquement comparable à la Buick Allure en termes de dimensions.
L’habitacle devient caverne
Les gains importants réalisés en font, bien entendu, une voiture plus spacieuse, une qualité qui plaira particulièrement aux occupants de grande taille, à l’avant comme à l’arrière. Ceux-ci apprécieront le généreux dégagement pour les jambes et la tête.
L’accès aux places avant est facile, car les portes ouvrent grand. À l’instar d’autres voitures Honda, certains conducteurs auront l’impression d’être assis un peu bas ou, comme le veut l’élégante expression ” assis par terre “, ce qui peut compliquer les sorties. Rien de majeur toutefois.
J’ai trouvé le siège ferme au niveau des lombaires, en particulier lors d’un voyage à Montréal. J’ai tenté plusieurs réglages du coussin lombaire, sans résultat satisfaisant. Mon dos semble toutefois s’y être habitué au cours de mon essai.
La version EX-L est équipée de sièges en cuir dont les éléments chauffants ont tardé à procurer une chaleur bienfaisante. Le temps n’était pourtant pas particulièrement froid. Les appuie-tête avant devraient également monter plus haut pour mieux protéger les occupants de grande taille. Toutefois, les sièges avant sont dotés d’appuie-tête actifs. ” En cas de collision par l’arrière le corps du passager est repoussé vers le dossier du siège. Cette action fait déplacer l’appui-tête vers l’avant dans un arc attentivement planifié. Ce mouvement permet de répartir les forces exercées sur la tête, le cou et la colonne vertébrale au moment d’une collision alors que la tête de l’occupant est projetée vers l’arrière “, écrit le constructeur.
L’Insurance Institute for Highway Safety Administration (IIHS) a attribué la note ” Bon “, soit la plus élevée, à la berline Accord 2008 à la suite d’une collision frontale décalé et latérale. L’organisme américain l’a d’ailleurs classée parmi les meilleurs choix 2008.
La NHTSA, de son côté, lui a décerné cinq étoiles sur cinq pour la protection des occupants lors d’une collision frontale. À la suite du test de collision latérale, les occupants avant obtiennent cinq étoiles sur cinq, et ceux des places arrière, trois étoiles sur cinq (de 11 à 20% de risque de blessures graves). Ce n’est pas particulièrement heureux. Car à ce titre, les Camry, Altima et Malibu font mieux.
Le conducteur peut facilement trouver une excellente position de conduite. Les réglages sont multiples, alors que le volant est télescopique. Certains le trouveront peut-être un peu massif. L’importante surface vitrée, l’épaisseur raisonnable des piliers avant et arrière, ainsi que les grands rétroviseurs extérieurs participent d’une bonne visibilité dans toutes les directions. Le levier des vitesses tombe sous la main et les grands cadrans facilitent la lecture des instruments de bord. Une fois derrière le volant, on sent vraiment que la voiture est plus imposante que celle de précédente cuvée.
L’emplacement de certaines commandes porte à croire que les ingénieurs de Honda ont pris quelques raccourcis. La console de la version EX-L Navi est dotée d’un bouton de réglage du GPS qui est disproportionné par rapport à l’ensemble de la présentation, et surtout du volume de la radio placée juste au dessus. Afin de régler le son de l’excellente chaîne audio, votre main est naturellement attirée vers ce gros bouton.
Autre chose, les boutons pour régler la vitesse de la soufflerie de la climatisation et le mode de diffusion de l’air sont placés trop loin, à droite, alors qu’ils devraient être facilement accessibles. À moins de confier cette tâche au passager. Le levier des vitesses et du frein à main complique également l’accès aux commandes des sièges chauffants.Les matériaux utilisés sont de belle facture et leur assemblage est soigné. J’ai malheureusement entendu quelques petits craquements. La voiture n’avait pourtant que 7 000 km.
L’accès aux places arrière est aisé. La banquette accueille avec confort trois personnes, dont deux adultes de grande taille. Chacun profite d’un appui-tête, ainsi que d’un généreux dégagement pour les jambes et la tête. L’assise est un peu basse et trop inclinée. Le résultat ? Le soutien pour les cuisses est minimal. La banquette est en revanche suffisamment enveloppante pour fournir un bon soutien latéral. Avis aux parents : la ligne de caisse élevée risque de limiter la visibilité latérale des petits passagers.
Le volume du coffre est de bonne dimension. Ce n’est toutefois pas, compte tenu du format de la voiture, le plus généreux de la catégorie. Le coffre est également handicapé par une banquette rabattable d’un seul morceau, en plus d’être tarabiscoté. L’intrusion des puits de suspension fait en sorte de créer une forme en V inversé qui limite le transport d’objet plus large. Le seuil est également élevé.
L’art d’une bonne mécanique
L’Accord LX est équipée d’un 4 cylindres de 2,4 L à calage variable des soupapes de 177 chevaux. Dans le cas de la EX, ma version d’essai, ce moteur développe 13 chevaux additionnels, soit 190 chevaux.
Ce moteur s’active avec douceur et souplesse. J’ai notamment eu l’occasion de conduire la voiture sur la route parsemée de cotes qui nous conduit vers Baie-St-Paul, dans la région de Charlevoix. C’est toujours un endroit idéal pour évaluer la paresse ou la célérité d’un moteur. La berline ne peine jamais.
La boîte manuelle à 5 rapports de mon Accord est un charme à utiliser. L’embrayage est progressif, alors que la pédale ne présente aucune résistance. J’ai en plus obtenu une consommation de carburant moyenne de 9,4 L/100 km. C’est bien pour une voiture de ce gabarit.
Les concepteurs de la nouvelle Accord semblent davantage avoir tenu compte des attentes des Américains en ce qui concerne le comportement routier. La berline s’est assouplie et a perdu de ce petit zest de fermeté qui lui donnait un caractère plus sportif qu’une Toyota Camry. C’est un peu comme si l’esprit Honda s’était dissipé. Cette impression d’être connecté à la route n’est plus la même. Je dois toutefois indiquer que la voiture d’essai était chaussée de pneus d’hiver Bridgestone Blizzak WS60, qui n’ont rien pour favoriser un tempérament sportif. Le pneu est efficace sur la glace, et la douceur de roulement est exceptionnelle, mais les flancs manquent cruellement de rigidité.
La portée plus souple, en revanche, plaira aux acheteurs qui appréciaient moins la fermeté initiale de la suspension de la voiture. Abstraction faite des pneus d’hiver, la voiture est stable en courbes. La direction est bien dosée, tandis que la voiture est facile à manier au quotidien. L’habitacle gomme également mieux les bruits de moteur.
Je n’ai pas eu de déchirement au moment de retourner ma voiture au concessionnaire. Je ne l’ai toutefois pas fait non plus avec hâte. Car cette Accord demeure une excellente berline, que j’ai aimé utiliser au quotidien, ce qui n’est pas toujours le cas de certaines voitures. Je n’ai jamais non plus senti que cette voiture n’était pas appropriée pour une personne de 35 ans. Comme c’est le cas pour une Toyota Camry. La voiture est confortable et spacieuse, tandis que le moteur s’acquitte honorablement de son travail. Mais il manque ce petit je-ne-sais-quoi


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