Hyundai Genesis 2009
Filed Under Essais routiers
2008-07-17 05:41:57
Hyundai dans les ligues majeures
La crise pétrolière que, selon certains experts, nous sommes en train de vivre ou allons subir très bientôt, ne semble pas changer les habitudes de consommation des Américains. J’ai régulièrement la chance de voyager en Californie, au Nevada ou à New York, et à regarder le parc automobile qui y circule, on jurerait que le gallon de pétrole se détaille toujours à moins de 3$.
Mais, les Américains ne sont pas les seuls à poursuivre leur train de vie sans le modifier; presque tous les conducteurs d’Asie semblent ne vouloir que s’approprier de gros véhicules de luxe. Et ne pensons même pas au Moyen-Orient où le litre d’essence se vend à moins de 0,20$ canadien. Les constructeurs coréens connaissent un essor soutenu depuis près de dix ans. En tenant compte de ce fait et de la consommation croissante de biens de luxe sur notre planète, les Hyundai et Kia de ce monde sautent sur l’occasion de faire plus d’argent.
Et pourquoi pas? Tout le monde est en affaires pour se remplir les poches et tant que l’on continuera à consommer, les manufacturiers continueront à produire. Heureusement, Hyundai a le don de créer un produit qui est intéressant à plusieurs niveaux. C’est particulièrement vrai, puisque les ventes chez Hyundai ne cessent d’augmenter. La preuve : au mois de juin dernier, leur part de marché a atteint 5 % au Canada.
Revenons à la Genesis. Cette berline de luxe sera dorénavant le porte-étendard d’Hyundai, remplaçant la bien moins intéressante Azera. Hyundai a longuement étudié le besoin de créer une marque de luxe (Toyota et Lexus, par exemple) pour différencier les Veracruz et Genesis, les Hyundai les plus dispendieuses à ce jour. En fin de compte, Hyundai a cru bon de maintenir une seule bannière. Il reste à voir si la décision aura été bonne.
En tout cas, peu importe l’écusson sur la Genesis, la voiture n’a laissé personne indifférent lors de son lancement dans le sud de la Californie. En premier lieu, la présentation extérieure de la voiture est superbe. Sans le nier ni le cacher, les représentants d’Hyundai ont avoué le fait que plusieurs voitures luxueuses existantes ont servi d’inspiration à la voiture. D’un premier coup d’il, la voiture pourrait passer pour une Infiniti; ses lignes de caisse sont bien définies, angulaires par endroits, et même musclées.
Peu importe l’angle, on y trouve des aspects attrayants tels que les jantes et la hauteur de la caisse bien assise sur les roues avant qui gravite vers l’arrière. C’est à l’arrière que l’on remarque qu’Hyundai est sérieuse quant aux promesses d’une tenue de route sportive; les roues motrices sont installées avec beaucoup de « camber », un important ingrédient pour maximiser l’adhérence des pneus.
Eh oui, vous avez bien compris. La Genesis est propulsée par les roues arrière. Et ce n’est pas tout, l’acheteur aura le choix entre un moteur V6 de 290 chevaux ou un V8 de 375 chevaux. Encore une fois, oui, vous avez bien lu, un V8! Le premier jamais offert par Hyundai. Peu importe l’engin sélectionné, il sera jumelé à une boîte automatique à six rapports avec mode manuel. Celle pour le V6 a été développée par Aisin et pour le V8, c’est une ZF identique à celle qu’utilise BMW.
Après quelque 450 km de route, incluant quelques tours de piste à Buttonwillow, le V6 de 3,8 litres retient mon attention comme étant le choix logique. Il est performant, raffiné et, selon toutes vraisemblances, plus économique. Le V8 permet des accélérations plus poussées, équivalentes à celle d’une BMW 750i, mais le poids supplémentaire à l’avant se fait sentir en route sinueuse et, évidemment, sur le circuit. Les deux transmissions ont fonctionné sans accrocs, malgré le fait que les voitures testées étaient toutes des modèles de préproduction.
La Genesis, malgré son poids et son gabarit, se conduit comme une championne sur la route. Le tout relève du fait que la structure de la voiture est extrêmement rigide, plus encore que les BMW, Mercedes et Lexus équivalentes, que son poids soit relativement peu élevé et que ses suspensions soient très sophistiquées, car elles s’ajustent automatiquement aux exigences de la route et du conducteur.
L’excellente caisse, liée à une direction électrohydraulique et de gros freins à disques aux quatre coins, confère un agrément de conduite inégalé par une coréenne et, jusqu’à ce jour, limitée aux japonaises de luxe et mêmes certaines allemandes. Un essai plus approfondi permettra de mettre les pendules à l’heure dans les routes montréalaises, mais pour l’instant, je suis abasourdi.
Les performances sont à point, mais Hyundai ne s’y est pas limitée. L’habitacle est somptueux, dorlotant et surtout silencieux. Ce dernier point est si étonnant que lorsqu’une motocyclette s’est mise à accélérer d’un arrêt devant la Genesis, je n’ai jamais entendu le son du moteur. Même à des vitesses bien au-delà de celles permises, la cabine de la Genesis imite un tombeau. De plus, les sièges sont très confortables, à l’avant comme à l’arrière, et le volume intérieur est identique à la Classe S de Mercedes.
La planche s’avère le point le moins emballant de la voiture. Elle s’inspire des Infiniti M et Mercedes Classe S, mais ne comporte pas d’élément captivant comme la silhouette de la voiture. Autrement, la finition et les matériaux sont d’excellente qualité (même pour de la préproduction, ce qui laisse présager de bonnes choses) et l’ergonomie est bien jugée.
Les vrais audiophiles seront sûrement impressionnés en apprenant que la Genesis peut être dotée d’un système audio Lexicon. Offert en option, ce système, partagé uniquement avec la Rolls Royce Phantom, comprend 17 haut-parleurs, une puissance de 528 watts et semble fabuleux.
Tout ceci est bien beau, mais comment est-ce que Hyundai peut justifier l’introduction d’une telle voiture alors que le prix du pétrole est en hausse et que la tendance veut que la population se tourne vers de plus petites voitures? Eh bien, premièrement, il faut savoir que le segment des voitures de luxe ne varie pas, et ce, depuis plusieurs années. La part de marché étant d’environ 10 %, la demande des biens nantis est constante.
Deuxièmement, le prix moyen d’une Hyundai vendue au Canada est en hausse, et ce, malgré la réduction des prix. Aussi, la gamme de prix de la Genesis est, comme c’est le cas de toutes les Hyundai, très alléchante. Encore une fois, le rapport équipement/valeur/prix est inouï.
Tout ce dont Hyundai a besoin, c’est qu’un consommateur potentiel donne une chance à la Genesis. Ceci étant dit, c’est encore très difficile de faire son « show off » avec un trousseau de clés d’Hyundai Ayant comme objectif de vendre 1 300 Genesis d’ici décembre 2009, Hyundai ne risque pas d’être déçue, vous non plus. La voiture arrive au du mois de septembre.




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