Written by Antoine Joubert

Cadillac CTS 2008

Filed Under Essais routiers 
2008-06-28 01:21:26

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Après l’échec, la gloire!

Pour la majorité des gens, les produits Cadillac dégagent toujours une image péjorative que l’on associe à ce qu’il y a de plus kitsch en ce monde. Que le parallèle se fasse avec Elvis, les gros bijoux en or ou les Québécois en Floride, Cadillac est indissociable avec le sens du mot kétaine. Il faut dire que pendant des années, voire des décennies, le constructeur GM, à l’époque au-dessus de toute critique, a semé à outrance pour récolter cette image qui encore aujourd’hui, leur colle à la peau.

Fier défenseur des produits GM depuis toujours, mon grand-père s’est récemment éteint pour laisser en héritage à un membre de notre famille sa dernière acquisition automobile, soit une clinquante Sedan de Ville 1988 achetée neuve… en Floride! Comme vous pouvez le constater sur les images, cette berline qui a aujourd’hui un peu perdu de son lustre porte absolument tous les accessoires décoratifs qui permettent de comprendre pourquoi la marque Cadillac traîne toujours une image contraire à la noblesse.

De 1988 à 2008
Puisque la Sedan de Ville constituait il y a vingt ans le modèle d’entrée de gamme de Cadillac (la Cimarron est disparue en 1987), et que la CTS est également un modèle d’entrée de gamme cette année, j’ai cru bon de faire un parallèle entre ces deux voitures pour démontrer l’évolution de la marque en seulement deux décennies.

D’abord, on remarque que la Sedan de Ville affiche un style ultra conservateur et typiquement américain, qui ne pouvait certainement pas attirer les acheteurs de voitures de luxe importées. Le chrome déferlant, les pneus à flancs blancs, la grille de calandre et les écussons dorés ainsi que ce toit de tissu de type faux cabriolet sont tous des éléments qui aujourd’hui, sont presque totalement disparus de la carte. En fait, la CTS ne reprend qu’un certain nombre d’éléments chromés, histoire de faire briller une carrosserie résolument plus stylisée.

Aujourd’hui, la CTS démontre clairement par son style affirmé la direction vers laquelle elle se dirige, c’est-à-dire celle qui mène à faire la lutte aux plus réputées berlines sport de luxe. On peut évidemment ne pas aimer cette grille de calandre imposante qui permet de mettre en évidence l’écusson de la marque, mais il est clair que cette voiture affiche une ligne très racée et drôlement plus internationale que la Sedan de Ville.

Planche de bord ou poste de conduite?
À bord, c’est la même chose. La planche de bord de type ” PLANCHE de bord ” fait maintenant place à un poste de conduite stylisé, ultra moderne et qui en met plein la vue. La banquette ultra souple, capitonnée de cuir et totalement dépourvue de quelconques supports est aussi délaissée au profit de baquets fermes et d’une console centrale enveloppante. Naturellement, la technologie d’aujourd’hui permet d’offrir dans la CTS plusieurs nouveaux gadgets qui n’étaient pas disponibles à l’époque dans la Sedan de Ville. Néanmoins, il faut admettre qu’en matière d’équipement, Cadillac est aussi généreux aujourd’hui qu’autrefois.

La Sedan de Ville, qui s’adressait à une clientèle plus âgée, offrait à bord plus d’espace pour tous les occupants. On ne se souciait à ce moment aucunement d’un manque d’espace pour les jambes et la tête, et le seul sentiment de claustrophobie pouvait découler d’une surface vitrée réduite à l’arrière. Aujourd’hui, quatre occupants prennent place dans un environnement très moderne et beaucoup mieux assemblé, mais plutôt étriqué. Toute personne mesurant plus de six pieds l’apprendra à ses dépens. Fait décevant, même s’ils sont chauffants et ventilés, on ne peut pas dire que les sièges avant sont spécialement confortables.

En contrepartie, il est clair que la position de conduite comme le nombre de commodités sont en nette progression dans la CTS. Si à l’époque, la conduite consistait à tenir la barre, il est aujourd’hui de rigueur d’affirmer que la CTS est une voiture qui se fait piloter. Le joli volant à trois branches, inclinable et télescopique, tombe parfaitement dans la main, alors que le siège se règle à votre gré.

Sedan de Ville, de 130 à 155 chevaux…
En 1988, Cadillac venait tout juste d’intégrer au Sedan de Ville un nouveau V8 de 4,5 litres développant 155 chevaux, en remplacement d’un V8 de 4,1 litres de 130 chevaux! Tractée, cette berline n’avait évidemment rien dans le ventre pour offrir des performances même décentes, et ce, malgré l’arrivée d’un nouveau moteur. Il faut dire que la plupart des générations de Cadillac à roues motrices avant ont grandement déçu les adeptes de la marque qui ne reconnaissaient plus en ces voitures les qualités des bonnes vieilles Cadillac d’antan. L’agrément de conduite et les performances n’y étaient tout simplement plus…

L’absence de puissance n’empêchait évidemment pas la Sedan de Ville de consommer de façon démesurée par rapport aux performances offertes. Il faut aussi savoir que cette berline axait tout sur le confort, au détriment de la conduite. Il fallait donc composer avec une suspension extrêmement molle et au grand débattement, avec une direction aussi surassistée qu’imprécise et avec une tenue de route hasardeuse. Naturellement, la Lincoln Continental de l’époque ne faisait guère mieux, mais l’ensemble des rivales européennes avait depuis longtemps pris le chemin du dynamisme.

Aujourd’hui, les aptitudes et le comportement de la CTS n’ont plus rien à voir avec ce que l’on connaissait il y a vingt ans. Si vous êtes impressionné par sa ligne splendide et son habitacle moderne, attendez de voir comment elle s’exprime sur la route. D’abord, son moteur V6 de 3,6 litres à injection directe propose une puissance et un rendement digne des plus belles motorisations allemandes. Qu’elle soit propulsée ou dotée du rouage intégral, la CTS reçoit aussi une boîte automatique à six rapports avec mode sport et mode séquentiel qui permet une conduite plus incisive. Sinon, en mode régulier, on obtient des passages de vitesse rapides, mais en douceur, qui contribuent à la fois au confort et à l’optimisation de la puissance.

La CTS, une vraie routière
Sur les routes du Québec, la CTS est en lieu de démontrer sa grande rigidité structurelle et son dynamisme. La voiture réagit bien à toutes les imperfections de la route, encaisse les chocs sans broncher et démontre une fermeté qu’on ne peut qu’apprécier. Sa direction rapide, sa boîte automatique efficace et son excellente tenue de route en font une grande routière de renommée mondiale. Franchement, elle n’a à ce niveau rien à envier à la concurrence. Toutefois, elle laisse entendre quelques craquements, signe d’un assemblage qui pourrait être encore davantage peaufiné. Soyons toutefois francs, Cadillac a quand même fait des pas de géant en matière d’assemblage et de finition, et ce, en quelques années seulement.

Au quotidien, la CTS est une voiture très appréciable. Les irritants ne se résument qu’à une visibilité arrière moyenne, à une planche de bord chargée qui nous rend parfois confus et à une consommation d’essence qui malheureusement, demeure un peu plus élevée que la moyenne. Prévoyez donc facilement de 12,5 à 13,5 litres aux 100 kilomètres.

D’emblée, il faut donc conclure par son comportement que la CTS n’a plus rien d’une berline visant la clientèle du troisième âge. Il s’agit d’une pure berline sport aux aptitudes routières impressionnantes qui par exemple, n’a rien à voir avec la conduite d’une Lincoln MKZ. Pour la concurrence, pensez Infiniti G35, BMW 335i, Lexus IS350 et Mercedes-Benz C350.

Cadillac, toujours aussi kétaine?
Bien sûr que non. Je tente d’ailleurs de me remémorer une marque qui a pu changer à ce point en seulement vingt ans, pour passer de souffre-douleur à produit remarquable. Oh, il y a peut-être Hyundai… mais bon, l’histoire n’est pas la même. Chose certaine, il n’y a aujourd’hui plus aucune raison de regarder une Cadillac de haut. Certains produits de la gamme gagneraient encore à subir des améliorations, mais il est clair qu’on est sur la bonne voie. Chose certaine, la CTS est un produit qui fait efficacement oublier ce que ce constructeur nous proposait dans le passé, et constitue une preuve que GM a ouvert ses œillères pour s’ouvrir vers le monde. D’ailleurs, sachez que la CTS est une voiture offerte en Europe, comme la plupart des autres produits Cadillac. Ai-je besoin de vous dire que la Sedan de Ville 1988 n’était pas disponible sur le vieux continent?

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Comments

One Response to “Cadillac CTS 2008”

  1. RWDLover1 on mercredi juillet 2nd, 2008 07:00

    Cadillac, kitch? Ce texte enleve toute la credibilite à son auteur.

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