Ford Mustang Bullitt 2008
Filed Under Essais routiers
2008-06-04 18:39:45
Sans excuses!
Quelle machine! La Mustang est sur un plateau par elle-même. Malgré le nombre de compétiteurs qui imaginerait pouvoir se mesurer à la Mustang, aucune d’entre elles ne peut vraiment se comparer à cette dernière, positive ou négative, et c’est tant mieux. Si vous avez lu ma chronique sur la Civic Hybride, vous êtes au courant que j’aurais bien aimé avoir eu l’âge de conduire durant les années soixante. Heureusement pour moi, et même si j’étais loin d’être une idée dans l’esprit de mes parents il y a quarante ans, Ford a retenu, tant bien que mal, une technologie d’antan pour leur dernière Pony Car. Et j’en suis ravi!
Prendre le volant de la Mustang est l’équivalent d’un retour vers le passé; confirmé par mon père. Que ce soit par choix ou par des contraintes budgétaires, Ford n’a investi que très peu sur le plan mécanique de la Mustang et j’y reviendrai plus tard. En ce qui concerne l’esthétisme de la voiture, l’histoire est bien différente. S’inspirant des beautés de la fin des années soixante, Ford a recréé une icône indéniable. Quoique la Mustang figure déjà parmi les voitures les plus reconnues au monde, la génération actuelle a fusionné avec brio le passé et le présent.
La Mustang est à Ford ce que la Beetle est à Volkswagen, c’est-à-dire, la figure de la marque. La Mustang d’aujourd’hui se caractérise par une silhouette musclée comprenant des porte-à-faux courts à l’avant et loin derrière le train roulant arrière. La calandre se cache sous le sourcil du capot massif et les phares sont complètement encadrés aux deux extrémités. De mon côté, je trouve que l’influence d’Ian Callum, concepteur de Ford et d’Aston Martin, est présente : de droit devant et de haut, la Mustang prend des airs de AM V8 Vantage et du dernier Virage de la fin de la décennie précédente. Et c’est tout un compliment. La Bullitt se distingue des Mustangs moyennes par le fait qu’elle n’accuse aucun écusson de la marque ni du nom du modèle. On n’y retrouve qu’un écusson Bullitt à l’arrière et au seuil de portes. Autrement, la Bullitt n’est offerte que peinte de noir ou vert, ne porte pas d’aileron sur le coffre, arbore de superbes jantes de 18 pouces anthracite et la grille est complètement noire.
Passez à l’habitacle, on remarque la flagrance du manque d’investissement de la part de Ford pour leur voiture fétiche, et c’est tout à fait normal et acceptable. Les matériaux et la finition de la planche de bord, elle aussi inspirée des Mustangs des belles années, sont moyens tout au plus. Les sièges font un travail convenable, mais ceux qui voudront exploiter leurs Mustangs sur une piste devront considérer l’achat d’un harnais ou les remplacer. L’espace pour les passagers avant est suffisamment généreux, mais l’est beaucoup moins pour la deuxième rangée. Les commandes de climatisation et des essuie-glaces par exemple, sont empruntées directement de l’inventaire de pièces génériques de Ford. Là où Ford semble avoir injecté le plus de fonds, c’est dans l’éclairage du bloc d’instrumentation qui est offert en six couleurs différentes. Une touche plaisante est l’aluminium brossé qui décore bien la partie supérieure du tableau de bord.
Laissons la cabine puisqu’au volant du Mustang, il faut surtout toujours regarder ou l’on se dirige. Mécaniquement, la Mustang Bullitt reprend tous les éléments du GT à quelques modifications près. Le V8 de 4,6 litres voit ses poumons améliorer leurs capacités d’emmagasiner et d’expulser de l’air. Le système d’admission d’air gagne avec l’ajout d’un filtre à air à grand débit façon K & N et l’échappement, en plus de projeter plus de gaz, gronde plus que jamais grâce à un tuyau en « H » modifié. Le résultat est un bond de 15 chevaux et de 5 lb-pi de couple pour des totaux respectifs de 315 et 325. Transmettant ce regain de puissance au différentiel autobloquant arrière (de série sur la Bullitt) est une boîte manuelle à cinq rapports (la seule offerte).
Le but premier de la Mustang est d’écarter le trafique en ligne droite. Si le pilote est assez habile et le système de contrôle de la stabilité est désactivé, les 100 km/h s’atteignent en cinq secondes. Je mentionne le mot habile, car il faut pouvoir bien doser l’embrayage lourd et l’accélérateur peu sensible en plus d’être en mesure de manipuler le levier de vitesse caoutchouteux. Trop de gaz et les roues se mettent à patiner jusqu’à la fin des temps. Si vous manquez un changement de vitesse ou vous le faites trop lentement, vous perdez une demi-seconde.
La Bullitt est mieux équipée pour affronter les routes sinueuses et les transferts rapides de poids que la Mustang GT. Les amortisseurs, ressorts et barres stabilisatrices sont améliorés et plus axés sur la tenue de route. Aussi, les plaquettes de frein qui crampent sur les disques ventilés sont plus agressives et résistent mieux à la chaleur de l’usure sévère. La combinaison de tous ces éléments rende la Bullitt plus apte à la conduite enivrante, mais la Bullitt ne peut cacher le fait que le train arrière n’est rien de moins qu’un essieu rigide avec une barre Panhard. Sur une route accidentée, tenez bien le volant et soyez poli avec l’accélérateur, car le tout se met à sautiller surtout en accélération brusque ou en roulant à vitesse dans une courbe.
Malgré le fait que la Mustang soit une brute à plusieurs niveaux, on ne peut que tomber en amour avec elle. Cette voiture déborde de personnalité et exige le respect surtout en version Bullitt. Même les plus difficiles à plaire, s’ils aiment conduire, seront charmés par ce gros coupé américain avec son V8 et son essieu rigide. Maintenant, le prix de l’essence joue un vilain tour au Mustang puisque les ventes sont en baisse. Il est malheureux de constater à quel point les voitures excitantes de la vieille école comme la Mustang sont si fragiles et pourraient bientôt disparaître. On ne peut rien y substituer à cette voiture; nous ne verrons jamais une Mustang hybride! Ce fut un énorme plaisir pour moi de faire l’essai de la Bullitt; j’espère que ce ne sera pas la dernière fois.




Est-ce qu’il y a quelqu’un qui relis les articles avant de les publier? C’est vraiment médiocre comme syntaxe et qualité de la langue.
Nice write-up, merci!
TTFOWIA,
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