Written by Mathieu St-Pierre

Nissan Versa

Filed Under Essais routiers 
2008-05-04 09:24:45

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Dans la mêlée qu’est le domaine automobile, les constructeurs s’en donnent à coeur joie en mélangeant les catégories de véhicules entre elles. Nous n’avons qu’à jeter un coup d’oeil du côté des multisegments et on ne fait que commencer à comprendre jusqu’à quel point les segments s’entrelacent. Jusqu’à tout récemment, s’il y avait bien un format de véhicule intouchable, c’était bien les sous-compactes.

Mais voilà que l’année dernière Nissan est venue quelque peu bouleverser cette catégorie et cette idée qu’une petite voiture devait être minimaliste sur tous ses angles. La Versa est en réalité l’anti sous-compacte. Ses dimensions extérieures sont similaires aux dimensions de la Fit de Honda et l’Accent d’Hyundai. Comme certains de ses concurrents, la Versa est offerte en format berline et à hayon. Personnellement, je préfère, et de loin, la hatchback. Ces proportions sont plus justes et le hayon complète bien la ligne élevée de la caisse de la voiture. La berline est identique jusqu’au pilier « B », mais par la suite, le coffre fermé s’intègre mal au 2/3 avant de la voiture.

À ce point-ci, nous allons voir où Nissan s’est affichée. Nissan a introduit une toute nouvelle Sentra l’année précédente. Si vous prenez le temps de bien les comparer dans la salle de montre, vous allez remarquer qu’elles sont de dimensions très comparables même si la Sentra est classifiée comme étant une compacte. La seule mesure où la Sentra dépasse considérablement la Versa est sur la largeur; la Versa est en revanche plus haute que la Sentra. En vous glissant à bord de chacune des deux voitures, je ne vous reprocherai pas si vous ne voyez aucune différence. En réalité, le volume intérieur de la Versa est quasi similaire (à 97 %) de celui de la Sentra; cette dernière étant un plus large.

L’habitacle de la Versa est bien conçu. La planche de bord surélevée s’agence parfaitement avec la caverneuse cabine. La façade aplatie et haute de cette dernière comporte toutes les commandes de manière ergonomique et bien en vue. L’ensemble technologique inclut des contrôles au volant pour le système audio qui agrémente son apparence. La finition est très bonne pour une voiture dans cette gamme de prix. Du même coup, les sièges surprennent par leur niveau de confort et de support. En tout et partout, la qualité de la cabine ne donne pas du tout l’impression d’être au volant d’une bagnole bon marché.

La seule motorisation proposée avec la Versa est un quatre cylindres de 1,8 litre. Ces 122 chevaux et 127 lb-pi de couple en font un des moteurs les plus puissants de sa catégorie. On le remarque immédiatement malgré la présence de la boîte CVT à variation continue de Nissan. Le couple est pratiquement omniprésent ce qui fait que les reprises et les dépassements sont aisés. La CVT d’aujourd’hui n’a presque rien à voir avec celle d’il y a deux ou trois ans. En accélération forte, elle ne grimpe pas au régime maximal du moteur pour y rester et nous détruire les tympans; plus comme une automatique, elle fait grimper le régime graduellement, mais finit quand même par s’installer à la ligne rouge jusqu’à ce qu’on relâche l’accélérateur. Son fonctionnement est doux, mais pourrait bénéficier d’un temps de réaction plus rapide.

La suspension indépendante à l’avant et semi-indépendante à l’arrière fait du bon boulot. L’isolation aux imperfections de la route est suffisante pour maintenir un niveau de confort plus qu’acceptable. Certaines autres voitures de cette catégorie réussissent à punir leurs occupants même sur des routes peu accidentées. Sans être sportive, la tenue de route est compétente et la voiture ne donne pas l’impression qu’elle va s’envoler aux premiers signes de vents latéraux. À moins de vraiment rincer le moteur, l’habitacle demeure assez silencieux pour entretenir une conversation à un niveau normal.

La petite (mais grosse) Versa est maniable et amusante à conduire. Les freins à disques à l’avant et à tambours à l’arrière ne souffrent jamais d’un manque de puissance. La direction électrique est bien dosée, mais sa raison d’être principale est de se rendre du point A au point B sans trop d’effort. Le comportement routier de la Versa est entre autres très agréable et plus cossu que ses compatriotes japonaises.

La Versa de Nissan rend l’existence de la Sentra presque superflue, mais c’est possiblement le seul défaut que peut lui trouver Nissan. La grande sous-compacte se vend très bien et avec raison. Une fois qu’on compare le prix, l’agrément de conduite et la polyvalence de la Versa aux autres concurrents, on ne peut s’empêcher d’opter pour son achat. Cependant, je préfère la Fit de Honda sur deux points; elle

présente un aménagement intérieur mieux pensé et la conduite est plus dynamique. Autrement, la Versa a la réponse à tout.

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