On ne change pas une recette gagnante

On n’a pas besoin de vous le dire, la Mazda3 est une voiture qui se vend très bien sur le marché canadien, encore plus au Québec. Jetez un coup d’œil par la fenêtre, vous risquez d’en apercevoir une sur votre rue. En 5 ans, la première génération de la voiture compacte a été produite à 2 millions d’exemplaires sur la planète depuis son lancement et près de 380000 Canadiens l’ont acheté. Depuis le début de l’hiver, Mazda offre la nouvelle cuvée de la 3 dans ses salles de montre. Le petit constructeur nippon a pourtant été confronté à un heureux problème : celui d’améliorer sa compacte tout en la maintenant aussi attrayante qu’auparavant. Est-ce que Mazda a réussi son pari?

 

Une sacrée gueule

 

La première 3 était moderne à l’extérieur et s’inscrivait parfaitement dans la gamme du constructeur. Par contre, elle demeurait un brin sobre par rapport aux autres Mazda. Peut-être était-ce par prudence que les designers de la marque n’avaient pas trop repoussé les limites de l’apparence. Une chose est sûre, le modèle 2010 ressemble beaucoup au modèle 2009, à l’exception du museau de la compacte. Sur le plan esthétique, c’est probablement le plus gros pari de Mazda, car le reste de la voiture n’est qu’une évolution timide de l’ancienne cuvée. Les phares sont plus étirés qu’avant, tandis que la grille de calandre est abandonnée pour une trappe d’aération frontale immense en forme de sourire. Le logo Mazda est déposé sur le capot juste au-dessus de cette gueule. Personnellement, le modèle GT est plus convaincant car il perd les appendices chromés des modèles plus abordables et, en plus, il reçoit les phares adaptatifs au bi-xénon et les feux antibrouillards. Enfin, les ailes avant s’inspirent à la fois de celles de la RX-8 et du CX-7. Ce n’est pas vilain, mais cela donne l’impression d’avoir de petites roues, même avec les jantes de 17 pouces sur la livrée GT. De profil, bien que la 3 soit entièrement nouvelle, on est en terrain connu. Enfin, à l’arrière, hormis les deux pots d’échappement de part et d’autre de la voiture, le reste est très ressemblant au modèle sortant. Par contre, les feux au LED sont maintenant de série sur tous les modèles et ces derniers sont plus enflés qu’auparavant.

 

Intérieur changé

 

Nouveau modèle oblige, l’habitacle subit quelques modifications lui aussi. Il faut bien rester dans le vent, non? Même si le tableau de bord essaie plus de se centrer sur le conducteur avec cette console qui se prolonge au-delà du compte-tours et de l’indicateur de vitesse, un conducteur habitué à sa Mazda3 ne serait absolument pas dépaysé. Une nouveauté par contre, Mazda a insérer un système de navigation (disponible en option) dans le tableau de bord. Au premier regard, il est minuscule, mais il est facile d’utilisation et les couleurs retenues sont éclatantes, un bon point vue la grandeur de l’écran. En fait, si on se ferme les yeux et qu’on prend le volant et le pommeau de vitesse, on a réellement l’impression de conduire la même voiture qu’en 2009. Par contre, les sièges sont plus profonds qu’auparavant et dans les modèles plus dispendieux, la 3 peut même être équipée de la mémoire de position des sièges et du cuir, bien évidemment. Pas mal pour une compacte abordable! Règle générale, les responsables de l’ambiance intérieure de Mazda ont fait du bon travail car l’essence de la première 3 est demeurée la même.

 

Performances en hausse

 

Du côté de la conduite, la petite Mazda – elle gagne quand même 10 centimètres en longueur – garde le même comportement qui faisait le charme de l’ancienne. Avec les récents records de la SAAQ qui a frôlé le million de contraventions en 2008, il est très difficile de rouler avec une sportive sur nos routes. Pour la vie de tous les jours, une Mazda3 fait amplement l’affaire. Nerveuse, facile à manier et même confortable, elle devrait continuer de séduire ceux qui recherchent une voiture fiable, économe en carburant et un brin plus sportif que les autres représentants de la catégorie. Mieux encore, le modèle 2010 ne gagne que quelques kilos supplémentaires cette année. Le modèle d’entreé de gamme GX (berline et Sport) a toujours le brave quatre-cylindres de 2,0-litres sous le capot qui développe 148 chevaux et 135 lb-pi de couple, mais il est plus économe à la pompe. Pour les autres, les versions GS et GT ont du nouveau pour 2010. Le quatre-cylindres de 2,5-litres déjà utilisé à plusieurs sauces offre, quant à lui, 167 chevaux et 168 lb-pi de couple et malgré sa soif pour l’essence un peu plus prononcée, il en donne pour son argent. Les Mazda3 viennent équipées de série avec une transmission manuelle à 5 rapports (GX) ou à 6 rapports (GS/GT) et en option, l’acheteur peut opter pour une automatique à 5 rapports avec mode sport sur toutes les livrées. Personnellement, même si la manuelle est plus énergivore, elle est beaucoup plus plaisante à conduire. Il faut bien s’amuser, non?

 

En attendant la Speed

 

Les plus extrêmes en veulent plus, bien plus. Rassurez-vous, il y aura une Mazdaspeed3 à l’automne et on a déjà hâte de l’essayer. Le moteur quatre-cylindres de 2,3-litres turbo revient quasi inchangé, tandis que la voiture adopte la nouvelle carrosserie de la Mazda3 en plus de voir arriver une entrée d’air sur la capot. Pour l’instant, les Mazda3 2010 s’avèrent un bon choix. Mazda ne prend pas trop de risques, même si la bouche avant de leur nouvelle 3 peut ne pas plaire à tout le monde, mais pour le reste, c’est une 3 améliorée sur beaucoup d’aspects. Des fois, il est plus sage de peaufiner au lieu de recommencer! Débutant à 16995$, la compacte de Mazda est une bonne petite voiture, mais il est aussi possible de faire grimper la facture à presque 30000$ si vous cochez toutes les options. Rendu-là, il faudrait peut-être songer à attendre le modèle turbocompressé, à moins qu’il ne reste que deux points de démérite à votre permis de conduire.

 

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