L’étonnante Genesis


Vincent Aube lundi 24 août 2009 à 18:33


De la manière dont les choses se produisent ces temps-ci chez Hyundai, il est difficile de croire que nous sommes en pleine crise économique depuis quelques mois. Les ventes vont bien, les nouveaux modèles se bousculent dans les salles de montre et la cote du H coréen continue de monter dans le cœur des passionnés auto. Même si Hyundai offre une gamme quasi complète depuis 3 à 4 ans déjà, le constructeur de la petite Accent s’est lancé dans une toute autre catégorie à l’opposé même de la petite voiture économique, la berline de luxe. En proposant la berline Genesis, Hyundai veut simplement lancer un message à la concurrence et aux consommateurs qu’il en a assez de jouer les constructeurs bas de gamme. Déjà, quelques berlines de luxe figuraient au catalogue du constructeur, mais aucune à ce jour ajoutait le mot « plaisir de conduite » à l’ensemble. En proposant sa première berline de luxe à propulsion, Hyundai a-t-il réussit à faire trembler les ténors de la catégorie?

 

C’est une coréenne, ça?

 

Beaucoup de gens qui m’ont arrêté dans la rue avaient de la peine à croire que cette voiture était une Hyundai produite à l’usine d’Ulsan, en Corée. Peut-être est-ce à cause de la grille sans-nom à l’avant? Ou peut-être est-ce à cause de la ligne très réussie de la Genesis? Peut importe, le look de cette luxueuse impressionne et les bons commentaires abondent  à propos de la coréenne. Il faut comprendre les passants qui m’abordent, car hormis les logos au centre des jantes et sur le coffre, il n’y a aucune autre mention sur la carrosserie du mot Hyundai. Le constructeur a préféré cacher le plus possible l’origine de sa nouvelle berline à cause de cette perception nord-américaine des voitures coréennes. Dorénavant, il faudra considérer le H comme une marque à part entière. Après tout, Hyundai vient de prendre le quatrième rang mondial au chapitre des constructeurs automobile.

 

Bien assemblée

 

L’habitacle impressionne aussi avec la qualité des matériaux utilisés. Un autre détail qui souligne que l’on prend place à bord de quelque chose de luxueux est ce silence de roulement. Le seul moyen de briser ce côté paisible de la Genesis que j’ai trouvé est d’appuyer fortement sur l’accélérateur pour entendre un peu le moteur V6 de 3,8-litres. Oui, les voitures allemandes font encore mieux quant à la qualité d’assemblage et des matériaux, mais Hyundai a fait du bon travail. L’écran de navigation se manipule, somme toute, assez facilement, tandis que les quelques boutons sont bien disposés sur la planche de bord. Le volant, à défaut d’être sportif, se prend bien aussi. Et les sièges sont d’un moelleux surprenant. Parfait pour les grandes distances. La position de conduite se trouve aisément grâce aux ajustements électriques du banc et du volant. À l’arrière, les passagers qui auront le privilège d’embarquer dans cette grande berline ne seront pas déçus de l’espace non plus.   

 

Performances à la hauteur

 

Malheureusement, je n’ai pas encore pu essayer le modèle à moteur V8 4,6-litres de 375 chevaux, mais en revanche, j’ai mis la main sur celui à moteur V6 de 290 chevaux et 264 lb-pi de couple. Même si mon pied droit aurait préféré la puissance supplémentaire du modèle haut de gamme, le « petit » moteur est tout à fait adéquat, surtout que notre réseau routier ne permet plus de rouler à des vitesses folles. La berline Genesis donne vraiment un nouveau souffle aux produits Hyundai, parce que même si, encore une fois, les voitures allemandes de performance offrent un comportement plus aiguisé, cette dernière est bien plus sophistiquée que ce à quoi le constructeur nous avait habitué jusqu’ici. La direction est précise, un peu lourde, et les pneus larges, combinés avec une suspension orientée plus vers le confort que vers le contrôle d’une voiture de course, donnent un bon compromis pour la conduite de tous les jours. Malgré le poids important de cette grosse voiture, elle s’est très bien tirée d’affaire dans les quelques courbes serrées empruntées. Quant à l’accélération, il est évident que le huit-cylindres en donne plus, mais le V6 n’est pas à négliger non plus.

 

Le verdict

 

Il est encore trop tôt pour savoir si Hyundai va créer sa propre marque luxueuse comme Toyota avec Lexus ou Nissan avec Infiniti, mais les deux produits qui portent l’écusson Genesis laissent croire à un tel scénario. D’ailleurs, Hyundai va distribuer une berline encore plus grande que celle-ci dès l’an prochain sur le marché américain, l’Equus, une voiture destinée à concurrencer les Mercedes Classe S et BMW Série 7 de ce monde, rien de moins. Pour revenir à la berline Genesis, il est certain que le nombre d’exemplaires vendus ne sera pas aussi élevé que les petites Accent vendues sur notre territoire, mais cette offensive coréenne n’est que le début d’une nouvelle lutte avec les ténors de la catégorie. Pour vous donner une idée, la moins chère des BMW Série 5, une des cibles avouées de la Genesis, se vend 59900$, alors que la coréenne avec moteur V8 entièrement équipée est à vous pour 48995$ (prix de base : 37995$). Finalement, même dans le segment des voitures de luxe, Hyundai continue d’offrir des véhicules concurrentiels pour beaucoup moins. Il ne reste plus qu’à convaincre les consommateurs de la richesse du H coréen.

 


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