Quand on repense aux courses les plus dramatiques et imprévisibles de l’histoire récente de la Formule 1, Interlagos 2008 nous vient immédiatement à l’esprit. Tout comme Abu Dhabi 2021. D’autres courses, sur des circuits comme Silverstone, offrent des spectacles exaltants grâce à la douceur de l’été britannique. C’est également sur ce circuit que Nico Hülkenberg a décroché son premier podium après 239 courses. Ailleurs, Esteban Ocon et Pierre Gasly ont créé la surprise en remportant des victoires respectivement sur le Hungaroring et à Monza.
Cependant, un circuit, réputé pour son imprévisibilité, se trouve sur l’Île Notre-Dame à Montréal. Le circuit Gilles-Villeneuve, situé sur l’île du fleuve Saint-Laurent, est reconnu comme l’un des plus palpitants du calendrier de la F1, grâce aux rebondissements et aux incidents qui se produisent chaque saison sur ses 4,361 km. Mais qu’est-ce qui rend ce circuit si imprévisible ?
Conception du circuit
Le circuit Gilles-Villeneuve fait partie des circuits de Formule 1 classiques, contrairement aux circuits plus récents du Qatar et d’Arabie saoudite, désormais prisés des parieurs. Son tracé combine les caractéristiques d’un circuit urbain avec de longues lignes droites et des zones de freinage importantes.
Les murs rapprochés, notamment le « Mur des Champions » dans le dernier virage, peuvent piéger même les meilleurs pilotes (d’où son nom). Ajoutez à cela quelques chicanes, un demi-tour, une voie des stands qui débouche sur le deuxième virage et un premier virage étroit, et vous obtenez la recette d’une course palpitante. Le circuit met à l’épreuve toutes les capacités d’une monoplace, nécessitant différents niveaux d’appui aérodynamique selon les portions du parcours. Le danger est omniprésent. Météo mystérieuse à Montréal
L’un des facteurs qui garantissent l’imprévisibilité est la météo. Et Montréal a le don de nous réserver les pires caprices le jour de la course. Dès que les nuages se dissipent, maintenir sa voiture entre les lignes blanches devient soudainement beaucoup plus délicat, tandis qu’un arrêt au stand opportun ou l’intervention de la voiture de sécurité peuvent propulser un pilote en haut du classement.
L’imprévisibilité causée par la pluie a été incarnée à la perfection par Jenson Button en 2011. Le Britannique, au volant d’une McLaren, a vécu l’une des courses les plus chaotiques de l’histoire de la F1 pour finalement s’imposer, plus de quatre heures après le départ initialement prévu.
Après des accrochages avec son coéquipier Lewis Hamilton et Fernando Alonso, une pénalité de passage aux stands pour excès de vitesse sous régime de voiture de sécurité, une crevaison, six arrêts au stand au total et une interruption de deux heures due à la pluie, Button a démontré son talent en poussant Sebastian Vettel à la faute dans le dernier tour pour remporter la course, alors qu’il se trouvait en queue de peloton à mi-course. Montréal magique jusqu’en 2035
L’imprévisibilité se poursuivra pendant une décennie supplémentaire, le circuit ayant conclu un accord de prolongation de quatre ans avec Liberty Media pour conserver sa place au calendrier. Cette nouvelle a ravi les amateurs de course automobile, qui n’ont plus besoin d’excuse pour visiter l’une des villes les plus dynamiques au monde. Sur la piste, la difficulté du circuit et les conditions météorologiques changeantes maintiendront le suspense quant au vainqueur.
