BMW X6 2009

 Vous cherchez vous des amis?

Je serai franc, le X6 depuis le jour un de son dévoilement me répugne. J’ai toujours eu une dent contre ces utilitaires du genre gigolo (Cayenne, Range Rover Sport, Infiniti FX, etc.) que l’on retrouve à la porte des bars branchés de la ville et avec lesquels on se pavane en se prenant pour le nombril du monde. Bien sûr, le propriétaire de ce genre de véhicule, une fois entré dans le bar, prend toujours soin de mettre son trousseau de clés en évidence sur le bar, juste à côté de son iPhone. Et il n’oublie pas non plus de faire tournailler son trousseau de clés de temps à autre, pour mieux le déposer à nouveau devant ceux qui pourraient être potentiellement impressionnés. Évidemment, le cher propriétaire du véhicule aurait très bien pu confier son véhicule au valet, mais il ne gagnerait rien à impressionner ce dernier. Pour se gonfler le torse devant ses connaissances, pour se faire accepter dans le très artificiel bottin mondain ou tout simplement pour qu’un poisson féminin morde à cette ligne lancée depuis déjà bien trop longtemps; il semblerait que c’est un truc infaillible…

Oh, ma vision des choses vous semble démesurée? Alors, expliquez-moi pourquoi les gens qui conduisent majoritairement un Range Rover Sport supposément conçu pour la conduite hors route extrême prennent toujours soin de les faire briller comme des chaussures d’armée. Vous ne me direz pas que ces beaux mecs au teint basané et à la chevelure aussi aérodynamique que leur véhicule affectionnent la boue. Pas plus que ces blondinettes, qui, entre une session de bronzage et un saut chez Holt Renfrew, jubilent parce qu’elles se sont cassé un ongle en tentant de refermer le hayon.

Avouez-le donc, si vous êtes un tant soit peu attirés par ce genre de carrosse, c’est parce que vos valeurs sont quelque peu artificielles. Et puis quoi, n’ayons pas peur des mots, vous avez probablement l’âme d’un frimeur! Ceci étant clarifié, il ne vous reste maintenant qu’à vous choisir un bolide, évidemment différent de celui de votre voisin, histoire de faire l’envie du plus grand nombre de gens possible vous entourant.

Trop conservateur, le X5?
En lice pour le X6? Vous ne serez évidemment pas étonnés d’apprendre que ce dernier reprend plusieurs éléments stylistiques de son frère, le X5. D’ailleurs, vue de l’avant, il faut être un véritable connaisseur pour les différencier. Or, quelqu’un chez BMW a jugé que le X5 cadrait désormais trop dans les normes et que BMW ne pouvait désormais plus compter sur lui pour faire tourner les têtes. La solution était donc de donner une nouvelle vie au segment des utilitaires de luxe en repoussant les limites d’un mariage entre utilitaire et voiture sport. Ainsi est né le X6, arborant des lignes profilées et disons-le audacieuses.

Personnellement, je déteste. Je lui accorderai la mention d’originalité, mais outre ses superbes jantes, sa partie avant agressive et le fait qu’il affiche une très grande qualité de finition extérieure, je ne vois pas ce qu’on lui trouve. Après tout, ce n’est pas parce qu’Arnold revêt un complet qu’il est plus beau. Plus élégant, peut-être, mais pas plus beau.

Cet inutilitaire poursuit son art en offrant un habitacle capable d’accueillir quatre occupants, et non pas cinq. En effet, vous ne trouverez derrière que deux places assises, la partie centrale étant occupée par une console où logent cendrier et porte-gobelets. Et bien sûr, vous aurez deviné que l’espace utilitaire n’a rien de vraiment comparable avec celui d’un VUS intermédiaire. En fait, le X6 propose à 9 litres près le même volume utilitaire que celui d’une Toyota Matrix.

Beauté intérieure…
Il faut cependant accorder au X6 ce qui lui revient, c’est-à-dire le fait d’offrir un habitacle très esthétique et méticuleusement ficelé avec des matériaux de grande qualité. Devant comme derrière, on prend place sur des sièges à la fois fermes et confortables, tout en bénéficiant d’un espace des plus généreux. Évidemment, les personnes de grande taille risquent d’être gênées par l’espace réservé à la tête à l’arrière, mais c’est le prix à payer pour profiter d’une ligne de toit aussi… discutable!

Comme c’est la tradition chez BMW, les accessoires de luxe et de technologie sont encore et toujours à l’honneur. Bien sûr, la sélection de plusieurs gadgets se traduit par une augmentation assez draconienne de la facture initiale, mais quand il le faut, il le faut! Chose certaine, le X6 possède une panoplie de gadgets des plus novateurs en matière de commodités et de technologie. Qu’il s’agisse de la caméra de recul, du système de navigation, de la climatisation à quatre zones ou du fabuleux système audio, tout a été mis en place pour que votre ego se fasse plaisir.

Ce que Munich sait faire…
On les nomme xDrive35i ou xDrive50i. En effet, plutôt que de les nommer de façon traditionnelle, c’est-à-dire X6 3.5i ou 5.0i, la firme bavaroise a cru bon d’intégrer à la nomenclature des modèles la mention xDrive, soit le terme utilisé pour décrire le système de rouage intégral. Vous pouvez être certain qu’avec une telle appellation, clients et vendeurs avoueront être confus. Toutefois, le système xDrive est à ce point efficace qu’il mérite de voir son nom apparaître sur la robe du véhicule.

En fait, tout ce qui concerne la conduite du X6 mérite de grands éloges. Le véhicule bénéficie d’un châssis très rigide, d’une direction très précise, d’un puissant freinage et d’éléments de suspension axés sur la performance. Cela dit, il faut savoir que le X6 n’offre pas le confort d’un X5. Surtout lorsque le véhicule est chaussé de roues de 20 pouces, le X6 fait vivement sentir les imperfections de la route, je dirais même un peu trop. En fait, on retrouve ici tous éléments dynamiques qui décrivent une voiture sport. Et ceci est sans compter la présence du système DPC (Dynamic Performance Control) qui agit sur le différentiel pour distribuer la puissance à la roue arrière offrant le plus de traction. Ce système permet donc en virage de bénéficier d’une meilleure tenue de route et de réduire légèrement le sous-virage.

Direction active, quel délice!
Pour encore plus de plaisir, BMW propose avec le X6 l’option de la direction active. Voilà un impératif que tous les vrais amateurs de conduite, frimeurs ou pas, se doivent de considérer. Offerte au prix de 1 500 $, elle constitue un heureux complément à l’option de la conduite adaptative, ainsi qu’aux deux moteurs offerts, que sont un six cylindres turbocompressé de 3,0 litres et un V8 de 4,4 litres.

Le premier, mis à l’essai pour cet article, représente à mon sens l’un des plus beaux moteurs au monde. Aussi offert dans une panoplie d’autres modèles BMW et fort de ses 300 chevaux, il procure des performances exceptionnelles, une incroyable souplesse et un rendement des plus agréables, tout en demeurant plus que raisonnable en matière de consommation. À preuve, le X6 qui pèse plus de 2 200 kilos n’a consommé lors de notre essai que 12,8 litres aux 100 kilomètres.

Quant au V8 qui produit 100 chevaux de plus, il propose des performances évidemment exotiques, mais au prix d’une consommation éminemment plus élevée. Pour l’équilibre d’ensemble, mais aussi parce que la différence de prix entre les deux versions me semble injustifiée, le modèle xDrive35i me semble le plus intéressant des deux.

Oui et non
Assurément, vous aurez compris à la lecture de cet article que le X6 est un véhicule qui pour ma part, aurait très bien pu ne jamais voir le jour. Et BMW a tellement poussé l’audace à la limite que je ne peux prédire si le succès de ce modèle sera aussi grand que le prétend le constructeur. Toutefois, il me faut admettre que le X6 est ingénieusement conçu et que ses aptitudes routières sont sensationnelles. Jamais vous ne me ferez croire que les acheteurs s’y intéressent d’abord pour ses qualités dynamiques, mais tout l’intérêt du véhicule est là. Car pour le reste, ce n’est que de la frime…
x6b.jpg x6c.jpg

Comments

comments