Entreposage : changement d’huile ou pas?

La question est simple, mais la réponse l’est moins. Deux écoles de pensées s’opposent quand vient le temps d’y répondre.

Selon la première pensée, il faudrait la changer avant l’hiver, ainsi l’huile usée ne reste pas dans le carter et n’endommage donc pas les pièces du moteur durant l’entreposage. La deuxième réflexion propose plutôt de la changer seulement au printemps. De cette façon, le conducteur commence sa nouvelle saison avec une huile neuve qui n’a pas eu d’humidité et ne s’est pas abîmée durant la saison hivernale. Plusieurs personnes partagent l’avis d’un de nos membres qui affirme que l’huile ne s’abîme pas durant l’entreposage et ne prend pas d’humidité non-plus. D’après lui, ce qui donne de l’humidité à l’huile c’est  lorsqu’on laisse le moteur fonctionner que pour une courte durée, car dans tous les cas, l’huile n’atteint pas une température assez élevée pour faire évaporer l’humidité. « Changer l’huile avant l’entreposage est la meilleure chose », conclut-il.

Un avis extérieur…

Jean-Simon Ruel, amateur de voitures et copropriétaire de Fujeetech Pro Sub, garage spécialisé pour Subarus, possède un véhicule de performance qu’il ne sort que l’été. Pour sa part, quand vient le temps de faire son remisage, il assure que son huile est toujours « goldish » sur l’indicateur, car il opte pour deux changements par été – environ aux 2 000 à 3 000 kilomètres.  Il n’hésitera pas à faire un changement d’huile neuf avant l’entreposage s’il le faut.

Par contre, quand le printemps arrive, M. Ruel « flush » SANS FAUTE son huile, même si elle est encore belle ou neuve. Il la laisse couler une demi-journée; beaucoup mieux qu’un vidange rapide selon lui. «Oui, c’est beaucoup de caresses, mais ça fait son sens quand on trippe comme moi », confie-t-il en riant. L’humidité dans l’huile est relative au lieu d’entreposage, mais il y en a toujours selon ce garagiste. Pour lui, il n’y a jamais de mauvaises raisons pour la changer. « C’est sûr qu’on parle de voitures de performance… Pour un set up de 300 forces ou plus, j’aime mieux toujours rouler avec une huile propre », explique-t-il. Au garage, plusieurs de ses clients changent leur huile synthétique aux 3 000 à 4 000 kilos, car ils brassent régulièrement leur moteur. « C’est propre à chaque utilisateur et à chaque véhicule, relativise-t-il. Je suis conscient que c’est des services sévères que je fais. »

Autre débat

Il y a aussi le débat sur le démarrage durant l’hiver. Certains disent que cela permet de faire virer l’huile, de bouger les internes, etc… Selon le spécialiste en Subaru, il ne faut pas oublier qu’en démarrant le véhicule ça crée beaucoup de condensation dans la ligne d’échappement. « C’est l’équivalent de presque un petit verre d’eau pour un warmup, compare-t-il. Et tu le sais, l’eau et le métal ça rouille… » Un démarrage est tout le temps très riche en essence et ça a l’effet de laver les cylindres, mais de contaminer l’huile si répété trop souvent… Jean-Simon Ruel conseille alors de rebrancher la batterie et de déconnecter ou désactiver l’alimentation en gaz une à deux fois durant l’hiver. Il va ensuite « starter » de 10 à 15 secondes aux 3-4 minutes (repos du starter) jusqu’à ce que la lumière d’huile dans le tableau de bord s’éteigne. Comme ça, l’huile circule partout dans le bloque et sur les internes et rien ne s’encrasse.

Finalement…

Difficile d’avoir un avis identique sur le sujet, mais un point à retenir et ce, peu importe le choix selon M. Ruel : « flush » l’huile en le sortant au printemps. Même avis pour Victo Freins Démarreurs d’Asbestos à qui la question a aussi été posée. « Et malgré l’excitation, il faut éviter de s’énerver avec le véhicule avant d’avoir fait ce minimum! Comme ça, tu t’assures un bel été », conclut Jean-Simon Ruel de chez Fujeetech Pro Sub.

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